LETTRE DE L'UPE

Une fois par mois environ, la lettre de l'UPE vous informe de notre activité et vous invite à une petite réflexion à laquelle vous pouvez réagir. En ce mois d'avril 2015, c'est plus que jamais recherché.

Le formulaire qui la suit vous permet de vous y abonner, ou de vous désinscrire.

Bonne lecture et à bientôt !

LETTRE DE MARS 2016

 

 

  En guise de lettre pour finir cet hiver, et à défaut d'évènements à annoncer, nous attirons l'attention de nos fidèles sur la rubrique "Tribune Libre", signée ce mois-ci par Bruno Riondet. Ses engagements étant proches des nôtres, nous avons jugé opportun de vous le faire connaître. Par parenthèses, il se trouve au salon du livre à Paris au moment où nous mettons en ligne sa tribune libre. Si vous êtes dans les parages, pas d'hésitation à aller le rencontrer !

 

Né en 1956 dans un petit village du Dauphiné, à quelques kilomètres de Voiron, aux portes de la Chartreuse, Bruno Riondet vit à Poitiers depuis 1981. ...

Son intérêt pour les sciences tout autant que pour la chose publique (la res publica) l’ont amené à combiner le métier d’enseignant et divers engagements associatifs, notamment dans le domaine de la paix, du désarmement, de l’environnement –tels que le refus du nucléaire ou de la croissance à tout prix !

 

LETTRE DE JANVIER 2016

 

       Des voeux pieux destinés une fois encore à être déçus ? Une accablante bonne humeur pour faire semblant de supporter la médiocrité de la pensée ambiante ?

Non, rien de tout ça pour l'année qui commence.

 

     En guise de première lettre pour 2016, l'Université Populaire de l'Environnement vous propose juste un court texte de présentation du mouvement international des villes et territoires en Transition, fondé sur un constat imparable sur les problèmes, une réflexion solide sur des moyens de s'en sortir, des actions déterminées, et le tout dans un réel élan démocratique.

 

      Et si nous entrions tous dans l'âge de faire ?

      Bonne Année de transition 2016

 

Les co-animateurs de l'Université Populaire de l'Environnement

 

 

 

 

LES VILLES ET TERRITOIRES EN TRANSITION

Il s’agit d’accompagner les citoyens (habitants, élus, techniciens,...)  des territoires (communautés de communes, d’agglo, pays, villes, quartiers de villes…), à la prise de conscience des profondes conséquences que vont avoir la convergence du pic du pétrole et des changements climatiques, et donc de la nécessité de s’y préparer maintenant, localement, et concrètement.

 

 

 

L’objectif est de mettre en place des solutions fondées sur une vision positive de l’avenir, qui visent à :

 

réduire notre consommation d’énergie d’origine fossile et nos émissions de CO2, tant individuellement que collectivement dans nos espaces de vie et de travail

 

- renforcer la résilience de nos territoires, leur capacité à absorber et surmonter les chocs à venir

 

 

 

Ceci passera inévitablement par :

 

la relocalisation partielle de l'économie (production et transformation alimentaire, énergies renouvelables, mobilité douce, circuits courts, économie circulaire, recyclage, coopératives d’habitat, de production, de consommation…, finances alternatives…)

 

- le renforcement des liens, des solidarités et de la coopération entre le plus grand nombre des acteurs du territoire.

 

l'acquisition ou la réacquisition des compétences individuelles et locales nécessaires au renforcement de notre autonomie individuelle et collective.

 

 

 

Dès lors, chaque groupe local de Transition trouvera par lui-même les solutions qui lui conviennent en fonction de ses ressources et de ses enjeux propres. Il n’y a pas de réponses toutes faites. Le modèle de Transition offre un cadre de travail cohérent mais non coercitif. Le fonctionnement des groupes est horizontal et participatif. 

 

 

 

Une initiative de Transition est une sorte de catalyseur, de « toit commun », qui a comme objectifs de :

 

mettre en place des réponses concrètes aux besoins des territoires (AMAP, SEL, monnaie locale, jardin partagé, Incroyables comestibles, recyclerie, écolieu, CIGALES, fête, conférence…) à partir de projets dormants et/ou de mise en synergie de personnes portant le même type d’envies et de projets,

 

soutenir et valoriser les réalisations allant dans cette direction, portées par des citoyens, des associations, des collectivités, des entreprises locales...

 

-  encourager et favoriser la convergence et la mise en réseau dans les territoires entre les initiatives citoyennes, et entre ces initiatives citoyennes et celles des pouvoirs publics.

 

 

 

Pourquoi agir localement ?

 

-  parce que l’économie devra inévitablement se relocaliser en grande partie.

 

-  parce que le niveau local est celui où les citoyens peuvent inventer des solutions bien adaptées à leur réalité et passer à l’action.

 

-  parce que c’est près de nous que se trouvent les personnes, les ressources et les solidarités pour agir.

 

 

 

La démarche des initiatives de Transition est résumée dans le Manuel de Transition (de la dépendance au pétrole à la résilience locale)  http://villesentransition.net/transition/introduction/guide_de_transition. Cette démarche consiste à permettre aux habitants d’un territoire de définir ensemble leur avenir et les solutions qu’ils souhaitent mettre en place. La première étape consiste à établir une vision commune qui dédramatise la mutation à venir et fournit la motivation nécessaire pour s’engager dans un profond processus personnel et collectif de changement. Il nous faut atteindre rapidement la masse critique qui va nous permettre de sortir par le haut des mutations en cours de notre modèle de société, notamment de nos modes de production et de consommation.

 

 

 

L’objectif est donc de construire collectivement « en marchant » ce nouveau modèle de société qui va se substituer à celui qui est en train de disparaître.

 

 

 

Nous ne savons pas si ça va marcher, mais nous sommes convaincus que : si nous attendons

 

les gouvernements, ça sera trop peu et trop tard ; si nous agissons individuellement, ça sera trop peu ;

 

si nous agissons en tant que communautés locales, ça sera peut-être assez, peut-être juste à temps.

 

 

 

LES VILLES ET TERRITOIRES EN TRANSITION EN GIRONDE

 

 

 

Le Collectif Gironde en transition est le groupe de liaison de la Transition. Il a trois objectifs principaux :

 

 

 

A. Accompagner la création de nouveaux groupes de Transition en Gironde, dans les départements voisins et soutenir les groupes existants

 

 

 

B. Informer les girondins sur la Transition

 

- la faire connaître en organisant des films-débats, en participant à diverses manifestations, telles que les fêtes de la transition, les fêtes des possibles, des conférences-débats de l’Université Populaire de l’Environnement, des films-débats à l'Utopia ou dans d’autres cinémas de proximité, l’organisation d’Alternatiba Gironde…

 

- répondre aux sollicitations de collectivités ou d’associations pour participer à des actions d'informations comme pour Bruges, Blanquefort, Pellegrue...

 

- animer et/ou participer à des formations, des actions aux méthodes collaboratives telles que des forums ouverts, l'approche méthodologique SPIRAL…

 

 

 

C. Créer du lien entre les groupes de Transition de Gironde, avec les mouvements  proches  comme les Colibris Bordeaux, avec les autres groupes de Transition partout en France http://www.transitionfrance.fr/ et dans le monde, avec des démarches fédératrices comme celle de la Transition citoyenne http://www.transitioncitoyenne.org/ ou celle développée par la Mission Agenda 21 du Conseil général de la Gironde avec le co-développement de SPIRAL.

 

-    Rencontre mensuelle ouverte à toutes et tous, le 2ème mardi du mois (sauf août) à 19h00 à la Maison de la nature et de l’environnement, 3 rue de Tauzia, à Bordeaux, suivie d’une auberge espagnole

 

-    Site http://www.gironde-en-transition.org/ ,

 

-    Maître de la toile Maurice mauricelargeron@hotmail.com,

 

-    Contact Pascal pascalbourgois@aol.com      

 

 

 

1. Saint-Médard en transition - SEL de Saint Médard en Jalles, organisation de soirées thématiques, repair café, projet de jardin partagé

 

-         Contact Elisabeth elisabeth.grange@cegetel.net

 

 

 

2. Parempuyre en transition - Jardin partagé de 2000 m² avec 10 personnes et projet d’habitat participatif

 

-         Contact Alain, Jean-Daniel alain.blanc22@orange.com

 

 

 

3. Libournais en transition - Guide des alternatives, monnaie locale la MIEL, CIGALES, ressourcerie/Fablab et projet de jardin partagé à Arveyres susceptible d’évoluer vers un projet plus ambitieux de Pôle de développement local…

 

-         Rencontre mensuelle ouverte à toutes et tous, le 2ème lundi du mois (sauf août) à 19h00 à la Maison des associations 47 boulevard de Quinault, 1er étage, à Libourne, suivie d’une auberge espagnole

 

-         Contact groupe CIGALES jlemarchand@yahoo.com

 

-         Contact association Atelier de 2 mains (ressourcerie/fablab) lesateliersde2mains@gmail.com

 

-         Site (en sommeil) http://libournaisentransition.6mablog.com/  

 

-         Contact groupe local et jardins partagés/Pôle de développement pascalbourgois@aol.com

 

 

 

4. Entre-deux-Mers Bordelais en transition (Créonnais, Targonnais…) - La MIEL, Incroyables comestibles, projet d’Ecolieu, parrainage de hors cadre familial en installation agricole bio…

 

-         Rencontre mensuelle ouverte à toutes et tous, le 3ème lundi du mois (sauf août) à 19h30 à la brasserie Saint Léon à Créon, suivie d’une auberge espagnole

 

-         Site http://lentredeuxmersentransition.weebly.com/ 

 

-         Contact lentredeuxmersentransition@gmail.com

 

 

 

5. Val de l’Eyre en transition (Belin-Beliet) - Ressourcerie

 

-         Contact Cynthia, Alain cynthia.degrowth@gmail.com, pellonalain@gmail.com,

 

 

 

6. Landes girondines en transition - Organisation de fêtes du don et du partage, la MIEL, recyclerie, école alternative La chrysalide http://blog.ecolelachrysalide.org/

 

-         Rencontre mensuelle le 3ème vendredi du mois à 19h00 pour une auberge espagnole, réunion à partir de 20h00

 

-         Contact Corinne bortot.corinne@gmail.com, Marc

 

 

 

7. Nord Bassin en transition - Projets de Repair Café, Jardins partagés/collectifs, SEL/Monnaie locale l’Ostréa, Réseau d’échange de savoirs, Incroyables comestibles, groupe alimentation/santé… Contact Stéphane stephane.basso@trotmaster.com

 

 

 

8. Bordeaux en transition - Groupes de travail : Monnaie locale - Bonheur - City compost - Assiette en transition - Lien social - Energie - Habitat alternatif - Zéro déchet - Agriculture urbaine. Avec des groupes transversaux comme la communication, des groupes naissants tels que « les enfants en transition » ou une mise en relation avec la ville jumelée de Bristol, l’avenir du collectif est varié, rempli d’enthousiasme et toujours tourné vers le concret…

 

-         https://www.facebook.com/Bordeauxentransition, Contact Boris, Florent contact@bordeaux-transition.org

 

 

 

9. Groupe transversal en lien avec l’Université populaire de l’environnement de la MNE

 

-         http://www.upeaquitaine.org/  Contact François francoisbouchet53@gmail.com 

 

 

 

10. Groupe transversal MIEL (monnaie locale), à ce jour libournais, Entre-deux-Mers bordelais et Landes girondines

 

-         Site http://translib.org/  Contact Philippe labansat@free.fr

 

 

 

                                  VENEZ NOUS RENCONTRER !

 

LETTRE DE DECEMBRE 2015

 

QUELQUES REMERCIEMENTS EN ATTENDANT LA SUITE

 

A l'heure où nous écrivons ces lignes, le texte final de la COP 21 vient tout juste d'être révélé. Nous estimons ne pas avoir le recul nécessaire pour livrer notre point de vue quant au verre "à moitié vide" ou "à moitié plein".


Pas de lettre sous forme d'éditorial ce mois-ci, donc.


Depuis la précédente lettre, remontant au mois d'avril, l'Université Populaire de l’Environnement est restée active jusqu' avant l'été, avec notamment le cycle des arpentages menés en collaboration avec l'Université Populaire de Bordeaux.


Des moyens financiers et techniques limités, ajoutés à une actualité personnelle débordante -voire contraignante- pour les deux animateurs que nous sommes nous ont forcé à limiter nos interventions à un minimum :

- Une conférence-débat portant sur la mise à jour du rapport Meadows (en septembre).

- Un programme d'intervention avec conférence, projection de films, débats, et ateliers à venir, dans un lycée de Gironde. (Octobre à janvier)


Compte tenu du nombre de courriels reçus durant cette période pourtant peu active -courriels de soutien manifestant l'intérêt pour notre travail, et même l'intérêt de notre travail- nous sommes enclins à un regain d'optimisme et d'allant.


Nous vous donnons donc rendez-vous dans le courant du premier trimestre 2016, possiblement dès janvier, pour à nouveau découvrir et participer aux évènements que nous organiserons ou contribuerons à organiser.


Bonne fêtes de fin d'année à toutes et à tous, sous le signe de la convivialité !

Pour l'UPE, Pascal Bourgois, François Bouchet, co-animateurs.


LETTRE D'AVRIL 2015

 

DU CANCER EN GÉNÉRAL ET DE LA CROISSANCE EN PARTICULIER

 

D’emblée j’entends des « Encore la croissance ! ». Eh oui, encore la croissance ! Dans les  éditos précédents, j’ai essayé de montrer à quel point le changement de nos modes de pensée était désormais non seulement indispensable, mais urgent. Or le mode de pensée dominant est bien celui de la croissance : plus d’activité économique, plus de prélèvements sur les ressources naturelles, plus de consommation par personne, donc plus de déchets et de pollution, le tout avec plus de population. Le résultat est inéluctable : une pression exponentielle sur notre environnement. Alors durable, notre développement ? Peut-être, mais pour combien de temps encore ? Soutenable, notre développement ? Clairement non, quand on sait que la capacité de charge de la planète est dépassée depuis les années 80.

 

Et le rapport avec le cancer ? J’y viens.

 

L’équilibre dans le système que constitue le corps humain se fait par l’égale apparition et disparition de cellules.  Les tumeurs constituent des proliférations anormales de cellules. Quant aux tumeurs cancéreuses, elles ont la particularité d’essaimer, de « métastaser ». C’est-à-dire qu’à partir d’un foyer principal, d’autres foyers apparaissent, répandant la maladie à d’autres endroits du corps. Il en va de même pour nos activités en croissance permanente. Chacune a des conséquences parfois invisibles mais bien réelles. La combustion de carburant fossiles relâche du CO2 qui réchauffe l’atmosphère. Cette hausse de la température fait fondre le pergélisol, qui à son tour relâche le carbone et le méthane (autre puissant Gaz à Effet de Serre) qui y étaient piégés jusqu’alors, ce qui contribue à accélérer le réchauffement !

 

Nous souhaiter une « croissance robuste » revient un peu à nous souhaiter un solide cancer, donc. Franchement, vous vous voyez souhaiter un solide cancer à quelqu’un ? Moi pas ! L’Université Populaire de l’Environnement, malgré les incertitudes sur son financement, continuera dans les mois à venir à proposer des pistes de réflexions, et les indispensables actions qui vont de pair. La TRIBUNE LIBRE désormais ouverte sur notre site, invite les intellectuels à exprimer leurs idées et propositions d’actions dans l’esprit décrit plus haut.

 

Bonne lecture du programme, ici et sur notre site, et à bientôt.

François Bouchet, Pascal Bourgois, co-animateurs, pour l’UPE.   

LETTRE DE MARS 2015


DÉVELOPPEMENT DURABLE ET NOUVEAU PARADIGME

 

Alors en formation pour devenir « chevalier servant du développement durable », comme on aimait à décrire notre futur métier, j’ai été confronté pour la première fois à la notion de paradigme. C’était dans son acception philosophique et scientifique, défini comme l'ensem-ble des éléments formant un champ d'interprétation d'une réalité, à un moment donné.

« Le paradigme constitue un modèle cohérent de représentation du monde et d'interpré-tation de la réalité largement accepté dans un domaine particulier. C'est une manière de voir les choses qui repose sur une base définie, sur un modèle théorique ou sur un courant de pensée... Il permet de le comprendre et d'essayer de le prévoir ».

 

Cela nous renvoyait au modèle d’une part, et à sa prévision d’autre part.

 

L’idée de prévision était primordiale car elle renvoyait à son tour à la façon de gouverner. « Gouverner c’est prévoir », selon la formule d’Émile de Girardin. Il convenait donc, si l’on avait des prétentions à gouverner, de s’assurer que la réalité du fonctionnement du modèle correspondait bien à la théorie, au courant de pensée dominant.

Or, l’essor progressif du « développement durable » et de ses implications concrètes, notamment sur la soutenabilité, nous montrait chaque jour un peu plus que le modèle socio-économique occidental dominant ne correspondait en rien à la « soutenabilité -durabilité ». Dès lors une évidence s’imposait : pour répondre aux exigences affichées du développement durable*, un changement de paradigme était indispensable.

 

Plus de vingt ans plus tard, je fais le constat que ce changement n’a toujours pas abouti. Or le temps presse, à ce point que les changements ne peuvent plus être marginaux, et que l’on doive désormais envisager le renversement de nos manières de penser : métanoïa** mentionnée le mois passé. L’Université Populaire de l’Environnement n’a finalement d’autre vocation que d’accompagner ces nécessaires changements, en proposant des pistes de réflexions, et les indispensables actions qui vont de pair. Une TRIBUNE LIBRE est désormais ouverte sur notre site, dans laquelle nous invitons les intellectuels à exprimer leurs idées et propositions d’actions dans l’esprit décrit plus haut.

 

Bonne lecture du programme, et à bientôt.

François Bouchet, co-animateur, pour l’UPE.  *, ** : voir upeaquitaine.org

LETTRE DE FÉVRIER 2015

 

ERRATUM : La conférence-débat sur les inégalités de mardi 10 février aura lieu SALLE ROGER COHÉ, et non au restaurant La Villa Sud-Ouest comme indiqué lors de la dernière lettre.

 

                  DE L’IDÉOLOGIE, DU PRAGMATISME, ET DE LA MÉTANOÏA

 

 

Si l’on s’en tient à la définition la plus courante de l’idéologie, il s’agit d’un ensemble plus ou moins systématisé de croyances, d’idées, de doctrines influant sur le comportement individuel ou collectif. Je ne m’étendrai ici ni sur la définition plus politique du terme, ni sur son acception péjorative également mentionnée dans le «Larousse ».

 

À suivre au quotidien l’information délivrée par les grands médias, le « système économique et social » actuel dans lequel nous vivons semble bien être régi par une idéologie, celle de la croissance, dont les vertus supposées sont quasi miraculeuses à entendre ou lire certains.

 

 

Pourquoi revenir la-dessus pour la énième fois ? Tout simplement parce que les tenants du discours promouvant la croissance osent désormais de plus en plus le faire au nom du « pragmatisme ».

 

Or si l’on s’en tient là aussi à la définition première du pragmatisme, il s’agit d’une « doctrine qui prend pour critère de la vérité la valeur pratique, considérant qu’il n’y a pas de vérité absolue et que n’est vrai que ce qui réussit », dixit le Larousse, encore. Force est de constater que, si l’on ne regarde pas trop dans les détails, le modèle de développement a plutôt bien réussi à nombre de pays, …jusqu’à présent du moins.

 

Cette façon de penser comporte toutefois un grave écueil : on ne peut à première vue constater la réussite que sur ce qui est passé, ce dont on a fait l’expérience. Mais l’expérience est une lanterne que l’on porte dans le dos et qui n’éclaire que le chemin parcouru*. Croire que tout peut continuer à l’identique ad vitam aeternam « parce qu’on a toujours fait comme çà » (ce qui est faux soit dit en passant) relève d’un aveuglement certain. On en vient même à nous dire comme argument sensé faire accepter la recherche effrénée de la croissance que « c’est une vérité que tout le monde reconnaît », sur un ton d’évidence coupant court à toute discussion. Des paroles de Gandhi me reviennent alors en mémoire : « L’erreur ne devient pas vérité parce qu’elle se propage et se multiplie ». Et de rajouter : « La vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit ».

 

Soyons clair : L’erreur est de croire que la croissance est la solution à tous nos maux. La vérité est qu’il existe des limites. On comprend par là qu’un renversement de la pensée s’impose désormais, ou à tout le moins une remise en cause radicale de ce qui a fondé notre mode de fonctionnement. En grec (on y revient toujours vues nos racines), ça s’appelle métanoïa. Nous y reviendrons.

 

L’Université Populaire de l’Environnement s’appuie sur les réalités que nous impose «le fait écologique» pour proposer une vision du monde faisant sens. Nous espérons à notre modeste échelle, et sans prosélytisme, pouvoir vous convaincre de la justesse des points de vue que nous explorons. Mais en rester à la seule réfexion intellectuelle serait vain, et c’est pourquoi nous vous invitons une fois encore à l’engagement, personnel ou collectif, sur  toutes les pistes alternatives proposées ou restant à découvrir.


Bonne lecture du programme et à bientôt !

François Bouchet, co-animateur, pour l’Université Populaire de l’Environnement

 

 

* Confucius ?

Note : veuillez remplir les champs marqués d'un *.

LETTRE DE JANVIER- FÉVRIER 2015


                                   ALTERNATIBA, ENCORE 


Difficile d’écrire un édito sur l’environnement dans le contexte qui vient de nous frapper.


Pourtant, sans avoir à y réfléchir très longtemps, on constate malheureusement un lien entre ce déchaînement dont nous avons été les témoins atterrés, et les préoccupations qui sont ordinairement les nôtres, à l’Université Populaire de l’Environnement.


Notre système d’organisation de la société, à un niveau planétaire, est basé sur une surconsommation maintenant reconnue comme telle. L’économie sous-tendant ce système est fondée sur la croissance*, prédatrice des ressources, destructrice de l’environnement et déstabilisante pour le climat. Cet état de faits dont l’évidence s’impose désormais de plus en plus à nous tous, quelle que soit notre situation géographique ou notre place dans l’échelle sociale, est générateur de profondes inégalités.


Ajoutons à cela un grave déficit de prise en compte de nos valeurs fondatrices et un total manque d’analyse critique autre que marginal sur les fondements de l’organisation actuelle.


Fatalement, cette combinaison est ressentie plus ou moins durement, et est la cause de frustrations que certains expriment avec violence et aveuglement, en fonction de l’idéologie qui les guide. Bien sûr, à ce stade, rien n’est excusable. L’écrire est un euphémisme.


Prenons simplement conscience que notre système est de plus en plus violent, et que les réactions de rejet à son encontre le sont de plus en plus en retour.


… À l’Université Populaire de l’Environnement, la démocratie** et les valeurs qui s’y attachent sont le socle de notre pensée et de nos actions. Et la démocratie n’a pas besoin d’adjectif pour l’accompagner, mais seulement d’une population correctement informée (c’est-à-dire autonome en ce domaine), et prenant sa part des responsabilités. Nous vous invitons donc à vous engager personnellement*** pour réfléchir sur la situation actuelle, être une force de proposition, et agir en dehors de toute idéologie dans le sens des changements souhaitables.

Bref, changeons le système, pas le climat !****(sauf le climat social)

 

Bonne lecture du programme et à bientôt.

L’équipe de l’Université Populaire de l’Environnement


Notes :


* : Rappelons tout d’abord cette évidence physique (donc qui s’impose à nous, que cela nous plaise ou pas : La croissance infinie dans un monde fini est impossible).

Rappelons ensuite que « la croissance » (c’est du Produit Intérieur Brut que nous parlons tous) n’est pas un phénomène abstrait, mais se manifeste par la consommation, la consumation de ressources naturelles la plupart du temps non renouvelables, donc à usage limité dans le temps.

Rappelons également que l’énergie nécessaire à cette croissance reste essentiellement d’origine fossile, donc carbonée, et qu’il en résulte des émissions de CO2 entre autres redoutables gaz à effets de serre, puissants modificateurs du climat.

Rappelons enfin ce constat selon lequel chaque point de croissance amplifie les inégalités, et, mécaniquement, la violence qui en résulte.

 

** : Littéralement, et dans sa conception d’origine, la démocratie est le pouvoir directement PAR le peuple. Notre démocratie dite représentative n’est donc déjà pas tout-à-fait une démocratie. Quand elle est sous influence des intérêts particuliers d’une classe dirigeante, c’est à une oligarchie que l’on a affaire. Et quand de plus ces intérêts sont ceux de l’argent, c’est d’une ploutocratie qu’il s’agit.

Il est donc grand temps de se réapproprier la démocratie, dans l’intérêt général, (lequel n’a jamais été la somme des intérêts particuliers).

 

*** : L’engagement personnel auquel nous vous invitons n’a rien à voir avec un engagement partisan ou idéologique. C’est une simple proposition à rejoindre les dizaines, centaines, milliers de petits groupes ouverts qui partout dans notre pays réféchissent, testent et proposent des solutions locales aux maux de l’époque. On peut citer les Villes et territoires en transition, les groupes Colibris, ou d’une façon générale le mouvement pour une transition citoyenne. Et bien au-delà, bien sûr, tout le monde associatif social et écologiste, surtout s’il est lié aux initiatives Alternatiba.

 

**** : Slogan d’Alternatiba     


LETTRE DE NOVEMBRE 2014

 

ALTERNATIBA ET LES DÉFRICHEURS.

 

     Tout récemment, les médias se sont fait l’écho du énième rapport du GIEC, de la multiplication des « Alternatiba », de la montée en puissance de sites comme Reporterre, de la diffusion du film « Sacré croissance » à la télévision à une heure de grande écoute, de la décroissance subie, et du paysage politique en ruine, … mais aussi des mobilisations contre la ferme des 1000 vaches, Notre Dame Des Landes, le barrage de Sivens : le temps de l’écologie est-il enfin venu ?

    C’est en tout cas la première fois que l’écologie et l’environnement occupent une telle place dans l’actualité française. Alors feu de paille ou mouvement de fond ?

    C’est à nous d’en décider !

 

    Pour ceux qui ont le temps (prenez-le, il vous le rendra bien), nous vous conseillons trois livres à lire de toute urgence. Ils éclairent le paysage à un moment où émergent clairement des convergences citoyennes : Ils changent le monde de Rob Hopkins.

Nourrir l'Europe en temps de crise  de Pablo Servigne.  

Les  défricheurs  d'Eric Dupin

    Ces trois-là se complètent, et comptent parmi les meilleurs livres écolos de l'année. À leur lecture, sans doute vous poserez-vous la question (ou vous l’êtes vous déjà posée) comme nous : serions-nous en train d'approcher la masse critique qu'évoquent les trois auteurs ?   Si c'est le cas, le champ des possibles est très ouvert.

 

    Le récent film de Marie-Monique Robin (« Sacrée Croissance ») donne justement quelques bonnes pistes sur ce champ des possibles : nous y reviendrons dans une soirée spéciale.  Le constat est désormais clair : Nous sommes en train de changer de civilisation. Et ça implique un choix : ou nous subissons, ou nous participons.

 

     Participer, c’est ce que l’UPE vous propose de faire dans le cadre d’un cycle d’arpentages !

   L'arpentage a toujours été pratiqué par les défricheurs. Sauf que les défricheurs d'aujourd' hui ne sont plus là pour arracher des arbres et ouvrir de nouveaux terrains à l'agriculture, mais pour explorer de nouvelles façons d’organiser la société. Quant à l’arpentage auquel nous vous invitons désormais, il est pour le moins « hors normes » Voir le 24/11/14 ici.

 

 

Bonne lecture et à bientôt

 

François Bouchet

Pascal Bourgois

Co-animateurs de l’Université Populaire de l’Environnement

 

JUIN 2014 :

                   LE MOT DE L'ANNÉE contre LES MAUX DU SIÈCLE ?

 

Chaque année depuis 10 ans se tient à La Charité-sur-Loire le Festival du Mot. Quel rapport avec les préoccupations de l'U.P.E me direz-vous ? Ceci :

 

Le jury du festival a choisi le mot "TRANSITION" pour illustrer l'année écoulée. Dans de précédents éditoriaux, j'ai fait moi-même un tel usage du mot que cela m'a été reproché… gentiment, rassurez-vous! Aussi bien je me cache derrière Alain Rey, président du Jury du Festival du Mot, pour finir cet édito :

 

« L’histoire du mot transition, commence classiquement en latin. Pour les antiques Romains, transition est clairement un dérivé du verbe transire «aller (ire) au-delà (trans)». C’est un passage, un franchissement. Mais ce verbe latin, sous l’influence de l’obsession chrétienne de la damnation et du salut, s’est mis à désigner le grand passage, celui qu’exprime le verbe trépasser, la mort. 

De là vient que les transis furent des cadavres  avant d’être, moins sinistrement, la proie d’un saisissement amoureux, autrement dit d’être en transe, comme les amoureux transis. Heureusement, la Renaissance a repris le mot de manière plus aimable pour exprimer la manière habile de passer d’une idée à une autre. Apparemment, cet art du passage harmonieux manque à nos modernes télévisions, où le sans transition règne trop souvent. Le mot est ensuite passé de la rhétorique  et de l’art aux choses de la nature et de la société humaine, à propos d’une évolution graduelle menant à une situation nouvelle, qu’elle soit meilleure ou pire.

Les sociétés humaines, aujourd’hui, frisent la catastrophe. Les dire en transition fait renaître un espoir, celui d’ « aller au-delà ».

Faute d’une stabilité heureuse, un état de transition correspond, pour citer Leibniz, au « meilleur des mondes possibles », qui n’est certes pas le meilleur des mondes imaginables… Nous tous, pauvres humains, sommes tous en transit ; donc, de la transition, soyons les amoureux transis. Le mot de cette année nous aidera peut-être à l’être ! »

 

Sans commentaire. 

François Bouchet, pour l'Université Populaire de l'Environnement  

 

 

MARS 2014 :

LA FENETRE D’OPPORTUNITE 2014/2020

 

D’ici quelques jours les électeurs vont se prononcer sur le choix des équipes qui seront aux commandes dans les 36 000 communes de France pour la période 2014 à 2020. Ces six ans sont particulièrement importants pour ce qui concerne les enjeux liés au climat et à notre avenir, car en 2020 la fenêtre d’opportunité pour agir va se refermer.

 

Le 3ème Rapport d’évaluation du GIEC en 2001 prévoyait pour la période 1990-2100 une augmentation de la température moyenne de la surface de la Terre de 1,4 à 5,8° par rapport aux valeurs de l’ère préindustrielle. Dans son scénario le plus pessimiste, il anticipait une croissance des émissions de CO2 de 2,5 % par an jusqu’à 2030, or nous savons que depuis 2000 les émissions mondiales ont crû de 3 % par an.

 

En l’absence d’actions déterminées (ce qui est plausible quand le seul projet politique des partis de gouvernement est de tenter de retrouver « la croissance » à n’importe quel prix et celui des citoyens de consommer toujours plus), ce scénario « pire que le pire » doit être aujourd’hui considéré comme le plus probable. Les chiffres montrent que même une action rapide et durable au niveau mondial ne nous permettra probablement pas d’empêcher la température de la Terre de croître d’au moins 3°, or il est communément admis que si la température moyenne dépasse 2 °C nous entrerons dans une période dangereuse.

 

Si les scientifiques ont raison, -et jusqu'à présent rien ne leur donne tort- il faut que les émissions mondiales passent par un maximum au cours des cinq prochaines années, puis décroissent rapidement jusqu’à ce que les systèmes énergétiques mondiaux soient complètement décarbonnés. Il semble donc que même en adoptant toutes les hypothèses les plus optimistes (arrêt de la déforestation, division par deux des émissions associées à la production de nourriture, pic d’émission atteint en 2020 suivi d’une réduction de 3 % par an pendant plusieurs décennies) nous n’avons aucun espoir d’empêcher les émissions de dépasser ce seuil de basculement.

 

Si l’on considère les hypothèses les plus importantes sur lesquelles sont fondées les négociations internationales et les politiques nationales – notre capacité à stabiliser le climat à un moment donné, la possibilité de dépasser notre objectif de concentration maximum puis de revenir en arrière, notre aptitude à nous accommoder de 2 ou 3 °C de réchauffement – on s’aperçoit que ces hypothèses ne reposent en rien sur la façon dont le système climatique de la Terre se comporte effectivement.

 

Le climat de la terre entrera alors dans une ère chaotique qui durera des milliers d’années avant que des processus naturels ne finissent par retrouver un certain équilibre. Les êtres humains demeureront-ils une force sur cette planète, pourront-ils même survivre ? C’est une question ouverte. Une chose est sûre : nous seront beaucoup moins nombreux qu’aujourd’hui et les pauvres, du sud principalement mais aussi ceux du nord, seront les premières victimes. Imaginer que nous serons 9 ou 10 milliards en 2050 est une illusion. Nous allons être amenés à vivre dans les prochaines décennies avec un environnement beaucoup moins favorable au développement de la vie. Les quelques soucis météorologiques de cet hiver en sont un modeste avant-goût.

 

Il ne s’agit pas d’être catastrophiste, pessimiste ou optimiste, mais réaliste. Nous sommes habitués depuis 300 ans à l’idée de pouvoir modifier notre environnement pour l’adapter à nos besoins. Nous découvrons aujourd’hui que la croyance grisante en notre capacité à tout conquérir se heurte à une force plus grande, celle de la terre elle-même. Beaucoup d’entre nous focalisent sur le court terme, sont dans le déni de cette réalité et refusent de l’entendre. Elle remet en cause les fondements sur lesquels nous avons construit notre vie.

 

Idéalement, il faudrait mettre le paquet maintenant pour changer radicalement notre modèle socio-économique avant la fin de la décennie et dans le même temps anticiper les changements en renforçant considérablement la résilience de nos territoires (solidarité locale, autonomie alimentaire et énergétique, démocratie participative… ).

 

Mesdames, Messieurs les maires et Conseillers et Conseillères municipales, à vous de jouer !

 

Pascal Bourgois, François Bouchet,

co-animateurs de l'Université Populaire de l'Environnement

FÉVRIER 2014 :

 

DE L’EMPOWERMENT (SUITE)*, ET DE LA CONFIANCE

Le mois dernier je débutais l’année avec une proposition simple de traduction du terme « empowerment » : « reprise en main », en lieu et place de la savante « capacitation citoyenne », l’idée générale étant, après avoir reconnu que nos démocraties n’en sont plus, après avoir reconnu cette sourde exaspération qui couve, de désigner la capacité du peuple à agir, à se réapproprier le pouvoir.

Comme il arrive souvent avec ce qui nous paraît évident, j’ai omis de mentionner l’essentiel, à savoir la motivation à agir. J’y reviens donc ce mois-ci :

Certains messages que nous véhiculons peuvent être angoissants, et par là-même paralysants. Or il n’est plus temps d’être paralysés, mais actifs, proactifs, même !

Mais pour agir, il faut  avoir confiance en soi,… et que cette confiance soit justifiée.
Alors qu’est-ce qui peut justifier la confiance ?

La compréhension. La compréhension globale des problèmes qui nous assaillent, dans leur complexité et les liens qu’ils ont entre eux. L’objectif est de s’équiper des meilleurs outils intellectuels pour déjouer les pièges de la pensée simpliste de notre société, davantage marquée par des croyances que soucieuse de la réalité.

Parmi d’autres, c’est la condition essentielle pour acquérir la capacité à voir au-delà des apparences et des faux-semblants, pour nourrir une saine indignation lorsque c’est nécessaire, pour dépasser la vision individuelle et à court-terme, pour déjouer les pièges de la novlangue. La compréhension débouche finalement sur la capacité de créer, et donne la volonté de le faire.

Mais la compréhension ne vient pas sans effort. Elle nécessite de s’informer. À la source. C’est finalement là tout le programme que nous vous proposons :

 

Informer pour comprendre, Comprendre pour agir, Agir pour vivre mieux !

 

À très bientôt donc pour participer à notre joyeux effort commun !

François Bouchet,
co-animateur de l’Université Populaire de l’Environnement
Avec un grand merci à Claude.V, qui du lointain Québec m’a inspiré cette lettre.

 

 

JANVIER 2014 :

 

2014, ANNÉE DE L’EMPOWERMENT ?

Chaque année nous fournit son lot de mots nouveaux -souvent d’origine anglophone compte tenu de l’énorme domination de la langue de Shakespeare parmi les langues internationales. Ces mots sont parfois passés de mode avant même que d’avoir été validés par l’entrée dans le dictionnaire.

Le problème avec l’anglais international est qu’à force de simplification, il cache dans des mots uniques, des concepts plus ou moins complexes qu’il est difficile de traduire sous la même apparence de simplicité dans la langue de Molière.

Empowerment est de ceux-là. L’idée générale, après avoir reconnu que nos démocraties n’en sont plus, après avoir reconnu cette sourde exaspération qui mijote, est de désigner la capacité des citoyens à agir, à se réapproprier le pouvoir.

D’où la proposition de certains de traduire par le terme de  « capacitation* », ou de « capacitation citoyenne ».

Attendons–nous à ce que le terme entre au Larousse ou dans Le Petit Robert, si ce n’est déjà fait. Les idées concommitantes étant la redécouverte de l’autonomie et de la responsabilité, la traduction est également possible avec « autonomisation » ou « responsabilisation ».

Au-delà du vocabulaire employé, même si celui-ci est loin d’être neutre –la politique de l’oxymore l’a largement prouvé- il importe de bien saisir tout ce que recouvrent les vocables que nous utilisons. Aussi bien, je propose momentanément d’avoir recours à la locution « prise en main », voire « reprise en main ».

Traditionnellement, il est de bon ton de se souhaiter les meilleures choses à l’occasion de l’année qui débute. Chacun sait au fond de soi que malgré les aléas, l’année en cours est surtout faite de ce que nous y mettons.

Nos vœux pour les mois qui viennent peuvent donc s’exprimer ainsi :

 

BONNE ANNÉE 2014, BONNE ANNÉE DE LA REPRISE EN MAIN !           

 

François Bouchet, Pascal Bourgois
co-animateurs de l’Université Populaire de l’Environnement

 

* Contrairement à ce que j'avais écrit dans un premier temps, la capacitation n'est pas un néologisme, puisque le mot est utilisé dans le domaine de la l'embryologie. Il y désigne la première des modifications que les spermatozoïdes subissent pour les rendre aptes à pénétrer la membrane externe de l'ovule.

Merci à Gilles. H pour sa lecture attentive ayant permis de corriger cette erreur !

F.Bouchet

 

 

DÉCEMBRE 2013 :

 

UN SECOND FEU VERT ?

 

L’émergence d’un mouvement écologiste nous permettra-t-elle de résister aux tendances totalitaires du système techno-scientifique ? Telle est la question que se posait Bernard Charbonneau il y a trente ans dans Le Feu vert – Autocritique du mouvement écologique. Ce livre aux accents prémonitoires n’a pas pris une ride.

 

En effet, à l’heure du développement durable et du capitalisme vert, on peut « penser que, sauf catastrophe, le virage écologiste ne sera pas le fait d’une opposition très minoritaire, dépourvue de moyens, mais de la bourgeoisie dirigeante, le jour où elle ne pourra plus faire autrement. Ce seront les divers responsables de la ruine de la terre qui organiseront le sauvetage du peu qu’il en restera, et qui après l’abondance gérerons la pénurie et la survie. Car ceux-là n’ont aucun préjugé, ils ne croient pas plus au développement qu’à l’écologie ; ils ne croient qu’au pouvoir… »

 

Climat, énergie, biodiversité, santé, social, économie, démocratie… les indicateurs passent progressivement au rouge et clignotent frénétiquement. Mais notre société semble tétanisée, incapable d’amorcer les changements indispensables de modèle démocratique, de modèle de consommation comme de production. Et cela au moment où « nous allons connaître plus de changement dans les 20 prochaines années que dans les 100  dernières », comme nous le disait Dennis Meadows en 2012. Le court-termisme est absolu. Les politiques et le monde économique semblent dans une fuite en avant permanente, incapables d’anticiper, de fixer un cap, comme de donner du sens.

 

Dans ce contexte, quel doit être le rôle des citoyens, des collectifs et des associations ? Trente ans après la parution de l’ouvrage de Bernard Charbonneau qui accompagnait le premier feu vert, 30 ans après la création de la Maison de la Nature et de l’Environnement Bx-Aquitaine, il a paru pertinent aux 48 associations qui y sont rassemblées de faire le bilan de l’action des associations environnementales et d’envisager les perspectives pour les prochaines années. Un second feu vert est-il possible ?

 

Nous vous invitons à participer nombreux aux diverses manifestations et rencontres débats qui vous sont proposées.

 

Pascal Bourgois, François Bouchet

co-animateurs de l'Université Populaire de l'Environnement

  

OCTOBRE 2013 : 

 

TINA, vraiment?

 

TINA est l’acronyme de la célèbre phrase « There Is No Alternative » prononcée à diverses reprises par Margaret Thatcher pour justifier la mise en place des politiques néolibérales au Royaume-Uni au début des années 80. « Il n’y a pas d’alternative ». Vraiment ?

Plus de trente ans de recul ont largement permis aux peuples des pays exposés à ces politiques de constater les dégâts environnementaux causées par un modèle économique où l’écologie n’est jamais prise ne compte, pour ne pas parler des dégâts sociaux.

 

On peut définir simplement l’écologie comme la science des conditions d’existence. Ne pas la prendre en compte dans le domaine qui à l’heure actuelle régit nos existences -l’économie- n’est rien moins qu’une aberration, qui n’a que trop duré.

 

Partout, des initiatives -la plupart du temps citoyennes- naissent de la volonté de mettre en place des alternatives devant profiter à tous, et pas seulement à l’élite bénéficiaire de l’actuel système. Que ce soit dans l’organisation du travail, avec le renouveau du mouvement coopératif par exemple, dans le fonctionnement de la démocratie -qui devient « participative »-, ou encore dans les efforts de relocalisation de l’économie ou de réappropriation des monnaies.

 

Dimanche dernier se tenait à Bayonne ALTERNATIBA, le village des alternatives. Regroupant toutes les problématique dont je viens de faire mention, et bien d’autres encore, l’appel était clair : « Ensemble, construisons un monde meilleur en relevant le défi climatique ». On n’est plus dans la seule contestation. Il s’agit cette fois de montrer tout ce qui peut fonctionner, tout ce qui fonctionne, en marge ou en dehors du système dominant. Et il y en a des choses qui fonctionnent ! Et bien plus efficacement et sobrement que le modèle finissant.

 

Rassemblant plus des 10 000 personnes attendues, ALTERNATIBA a été l’occasion de lancer un appel à des réalisations concrètes, sur la base des convergences maintes fois constatées entre les différents mouvements qui existent ici et là. Ce dimanche a aussi été l’occasion de réentendre des propos revigorants, à l’instar de ceux de Patrick Viveret déclarant : « Décider d’être heureux est un acte de légitime résistance ».

 

Depuis toujours, quand on dit : « Il n’y a pas d’autre alternative », on fait un pléonasme.

Depuis Alternatiba, quand on dit : «Il y a plein d’autres alternatives» (que celles montrées à Bayonne), on fait un euphémisme !    C’est en tout cas à souhaiter.

 

Bonne lecture du programme et à bientôt.

François Bouchet, Pascal Bourgois, animateurs de l’Université Populaire de l’Environnement

 

SEPTEMBRE 2013 : LETTRE DE RENTRÉE

 

De l’Overshooting Day* et de la Croissance.

 

*Littéralement « Jour du dépassement ».

Cette notion d’overshoot, j’avais eu l’occasion de l’expliquer lors de l’exposé sur la mise à jour de 2012 du Rapport Meadows « Les limites à la croissance dans un monde fini ». (voir http://www.upeaquitaine.org/archives/2012-2013/ en date des 4 mars et 5 avril 2013).

Suivant la méthodologie de l’empreinte écologique, il est possible d’évaluer l’impact des activités humaines sur les écosystèmes de la planète –et par conséquent sur nous-même, puisque, ne vivant pas sur Mars, nous dépendons directement de ces écosystèmes dans lesquels nous vivons. L’empreinte écologique est aussi un indicateur permettant de mesurer l’écart entre ce que la nature peut régénérer et ce qui est requis pour alimenter l’activité humaine.

L’Overshooting Day correspond à la date à partir de laquelle, chaque année désormais depuis plus de trente ans, l’humanité dans son ensemble entre en période de dette écologique, pour avoir dépassé les limites globales de régénération.

Un enfant de cinq ans peut comprendre que cet état de faits n’est pas durable.

 

Cette année, l’overshooting day était encore avancé. Au 20 août. Il ne nous aura donc fallu que 232 jours sur 365 pour épuiser notre « droit à prélever ». Nous vivons au dessus de nos moyens. Largement. Notre problème est que, pour vivre au dessus de nos moyens, nous ne vivons pas pour autant à crédit au sens littéral du terme. Ici pas de banquier pour croire -credere, credit- que nous allons rembourser. Tout l’argent du monde ne saurait rembourser la dette écologique quand certains changements seront devenus irréversibles.

Comme la plupart des médias sans doute, France Inter nous annonçait cette nouvelle le jour J, indiquant dans la foulée que l’invité de la matinale serait Mr Moscovici, Ministre de l’économie. L’on pouvait logiquement s’attendre, compte-tenu de l’importance du sujet, à ce que Monsieur le Ministre soit interpelé d’une manière ou d’une autre. Mais non. Peut-être parce qu’il n’est pas ministre de l’environnement ?

Pas un mot en tout cas. Au lieu de ça, il a été question, comme tous les jours, de la Croissance, encore et toujours. Pourquoi une majuscule à ce mot ? Parce que, détaché de tout complément (croissance de l’activité économique, du PIB, de la population, que sais-je encore), il acquiert un statut particulier : celui d’inaccessible étoile nous servant de guide.

 

Par dérision, certains aux Etats-Unis proposent de remplacer la devise figurant sur les billets « In God we trust » (nous avons foi en Dieu) par « In Growth we trust » (nous avons foi en la Croissance). Alors, oui :

 

 "IN GROWTH WE TRUST"    ….  Mais jusqu’à quand ?

 

Il ne s’agit pas de jeter la pierre à celles et ceux qui nous gouvernent, de quelque bord qu’ils soient. Nous partageons tous peu ou prou la même croyance. Ne parle-t-on pas de « croissance verte » pour désigner la nécessaire réorientation de l’économie vers quelque chose d’enfin compatible avec les contraintes écologiques ?**

 

La croyance en une croissance infinie dans un monde fini relève de la vision au télescope, plus ou moins nette, mais lointaine, et nécessairement passée. L’image du monde vu par des spécialistes relève de la vision au microscope, précise, mais ne tenant pas compte des interactions.

Le macroscope, qu’il nous reste à inventer***, permet à la fois une vision globale et précise, mais surtout permet de percevoir les interactions entre les différents sujets d’investigation.

À travers le programme à venir de l’Université Populaire de l’Environnement, lente et modeste tentative d’initiation à la pensée systémique, nous vous convions à inventer collectivement ce macroscope.

 

 

** Les contraintes écologiques existent et nous devons enfin en tenir pleinement compte, que cela nous plaise ou pas.

*** Quoi que : Le Macroscope. Vers une vision globale. Editions Points. Joël de Rosnay.

 

Bonne lecture de l’avant programme 2013-2014 et à bientôt !

 

NB : La conférence-débat avec Michel Sourrouille prévue entre le 21 et le 26 novembre
      sur l’urgence écologique de repenser la démographie EST REPORTÉE EN FÉVRIER  

 

François Bouchet

Éco-Conseiler

Co-animateur de l’Université Populaire de l’Environnement

LETTRE DE JUILLET - 

Lettre de fin de saison (suivie d'une réflexion d'Edgar Morin)

 

La saison 2012-2013 de l’Université Populaire de l’environnement se sera étalée sur treize mois, de juin 2012 à juin 2013. Durant cette période, nous avons créé vingt-cinq événements aux succès divers, sous diverses formes, et dans différents lieux.

 

D’autres événements sont en préparation, qui interviendront après une coupure estivale, sauf « surprise de dernière minute ».

 

De l’agriculture biologique à la déplétion pétrolière, de la réflexion la plus intellectuelle au sujet le plus terre-à-terre, utilisant des formes aussi diverses que le film-débat ou la conférence gesticulée, nous avons aussi largement que possible exploré nombre des questions qui se posent actuellement à notre société.

 

De cette profonde diversité des thèmes abordés, on pourrait craindre de ne retenir que la variété et, dans de nombreux cas, la noirceur des constats.

 

Pourtant, au fur et à mesure que le temps passait, une évidence s’est imposée à nous : Le monde tel que nous l’avons connu jusqu’à maintenant est en profonde mutation. D’aucuns diraient en crise. (Voir à ce propos la lettre de décembre 2012). La nouveauté, c’est que ce constat est désormais largement partagé, et communément admis. Le temps du déni collectif semble derrière nous, et c’est une bonne nouvelle pour l’action.

 

La part déterminante des énergies fossiles dans l’organisation de notre société, et la disparition programmée desdites énergies (voir les différentes interventions sur le sujet), nous invitent à envisager le passage progressif -mais vraisemblablement assez rapide- à une société sans pétrole (ou presque).

 

De fait, un peu partout dans le monde, de nombreuses organisations, plus ou moins formelles, se sont réunies autour de cette idée de la nécessaire TRANSITION.

 

Vivre au cours d’une vie d’homme une telle mutation peut s’avérer la pire des aventures, ou au contraire la plus enthousiasmante, selon que la mutation est subie ou choisie. C’est pourquoi, conscients qu’il vaut mieux agir que subir, nous vous invitons pour clore cette saison à participer à la 2ème Fête de la Transition en Gironde. Voir ici.

 

Bonne lecture et à bientôt

 

François Bouchet, Pascal Bourgois

Co-animateurs de l’Université Populaire de l’Environnement

Edgar MORIN

 

CHANGER LA VIE

 

L’humanité est face à un grand défi : elle appelle à une politique

de civilisation qui suppose aussi une réforme de vie.

 

La planète Terre est engagée dans un processus infernal qui mène l’humanité à une catastrophe prévisible. Seule une métamorphose historique pourra permettre de résoudre les crises – majeures et multiples – écologiques, économiques, sociétales, politiques qui menacent l’existence même de nos civilisations…

 

Cette « politique de l’humanité » passe par des réformes économiques, politiques, éducatives et une régénération de la pensée politique… Ces réformes de société impliquent aussi une « réforme de vie ».

 

Le développement est une machine infernale de production/consommation/destruction qui nous précipite vers des crises écologiques et économiques. Ce processus trouve un parallèle sur le plan individuel : le développement de l’individu envisagé comme essentiellement quantitatif et matériel, lequel conduit chez les aisés à une course infernale vers le « toujours plus » et mène à un mal-être au sein même du bien-être, notion dégradée dans le seul confort. Ainsi faut-il promouvoir le bien-vivre, qui comporte à la fois autonomie individuelle et insertion dans une/des communautés… et réduire nos intoxications de civilisation qui nous rendent dépendant de futilités et de bienfaits illusoires.

 

Les sociétés occidentales se sont longtemps considérées comme des sociétés « civilisées » par rapport aux autres sociétés, jugées barbares. En fait, la modernité occidentale a produit une barbarie glacée, anonyme, celle du calcul du profit, de la technique, et n’a qu’insuffisamment inhibé une « barbarie intérieure », faite d’incompréhension d’autrui, de mépris, d’indifférence…

 

Une aspiration à ce nouvel art de vivre est en train d’émerger dans la société du fait même des maux générés par nos modes de vie actuels. C’est à partir de cette attente que l’on peut dessiner ce que peut être une réforme de vie… Elle se présente aujourd’hui d’une manière nouvelle dans notre civilisation caractérisée par l’industrialisation, l’urbanisation, le développement et la suprématie du quantitatif. L’aspiration contemporaine à un art de vivre est d’abord une réaction salutaire à nos maux de civilisation, à la mécanisation de la vie, à hyperspécialisation…

 

Le bien-vivre est fondé sur quelques principes : la qualité prime sur la quantité, l’être sur l’avoir, le besoin d’autonomie et le besoin de la communauté doivent être associés, la poésie de la vie, et enfin l’amour, qui est notre valeur mais aussi notre vérité suprême…

 

Une première tâche consiste à se libérer de la tyrannie du temps. Nos rythmes de vie actuels sont fondés sur des courses permanentes. La vitesse, la précipitation, le zapping mental nous font vivre à un rythme effréné… La réforme de vie appelle à un ralentissement généralisé, à un éloge de la lenteur. Arrêter de courir est une façon de reconquérir notre temps intérieur. Il faut substituer à l’alternance pernicieuse dépression/excitation qui caractérise nos vies actuelles à un couple combinant sérénité et intensité…

 

La réforme de nos vies implique aussi de se désintoxiquer de toutes nos addictions à la consommation. Cela ne veut pas dire qu’il faille renoncer aux plaisirs de consommer pour vivre dans l’ascèse… la restriction permanente, le rigorisme et les privations. Bien consommer c’est apprendre à redécouvrir le goût des choses… La société doit aujourd’hui se guérir de la « fièvre acheteuse », de la surconsommation. Cela n’interdit pas des achats de désirs et d’enchantement…

 

La réforme de vie exige à la fois un apprentissage et une réforme personnelle. Simultanément, elle appelle à une réforme de l’éducation ainsi qu’à des grandes réformes économiques et sociales, à une nouvelle conscience consommatrice, à une réhumanisation des villes, à une revitalisation des campagnes… S’engager dans une nouvelle voie ne peut se faire uniquement sur un plan personnel ni sur un plan collectif. Cela exige une multiplicité de réformes qui, se développant deviennent intersolidaires… Il faut commencer en même temps des deux côtés. Ghandi disait « Il faut porter en nous le monde que nous voulons ». Mais cela ne suffit pas, comme ne suffit pas l’élimination d’un système d’exploitation, lequel est aussitôt remplacé par un autre comme l’a montré l’exemple de l’Union soviétique…

 

Bien sûr tout cela est très incertain. Partout dans le monde se révèle un grouillement d’initiatives créatrices nous montrant un vouloir-vivre ignoré des bureaucraties et des partis. Rien n’a encore relié ces initiatives ; dans un sens nous sommes à peine au commencement d’un commencement. Dans l’histoire, toute grande transformation – religieuses, éthique, politique, scientifique – a commencé de façon déviante par rapport au cours principal, et de façon modeste par rapport à l’état des choses. Cela nous autorise l’espérance, laquelle évidemment n’est pas une certitude. La réforme de vie est à la fois une aventure intérieure, un projet de vie et un projet collectif.

 

POUR UNE CRISOLOGIE

 

La seule possibilité de lutter contre la désintégration est d’intégrer et d’utiliser le plus possible les antagonismes.

 

Plus la crise s’approfondit et dure, plus elle suscite une recherche de solutions de plus en plus radicales et fondamentales. La crise a donc toujours un aspect d’éveil.

 

À certains de ses moments-carrefours, il est possible à une minorité, à une action individuelle, de faire basculer le développement dans un sens hautement improbable.

 

Il s’agit aujourd’hui d’approfondir la crise de la conscience pour enfin faire émerger la conscience de la crise. La crise du concept de crise est le début de la théorie de la crise.

 

 

ABECEDAIRE DE LA COMPLEXITE : LA METAMORPHOSE

 

Face à un obstacle menaçant qu’il ne parvient pas à assimiler, un système a deux possibilités : se désintégrer ou se métamorphoser. Face aux progrès technique et scientifique, l’humanité est en cours de métamorphose. Mais cette métamorphose ne se présente pas forcément comme un bienfait pour l’homme. Elle peut être monstrueuse – l’humanité ayant désormais la possibilité de s’autodétruire – ou régénératrice.

 

De même, sur le plan politique, la métamorphose de l’humanité peut s’accompagner de l’avènement d’un Etat suprême totalitaire et oppressif ou d’une société-monde dépassant la logique belliqueuse des Etats-nations. Celle-ci… peut aussi nous surprendre et surgir de là ou on ne l’attend pas. En effet… c’est au niveau des marges minoritaires que peut se jouer le basculement de l’humanité.

 

L’histoire humaine en témoigne : combien de révolutions, d’avancées historiques ont d’abord vu le jour au sein d’une minorité de forces qui, semblant jusque là trop faibles, sont parvenues à rendre possible ce qui était tenu pour impossible ? 

 

« Toute métamorphose parait impossible avant qu’elle ne survienne »


LETTRE DE MAI 2013

Programme provisoire Mai - Juin 2013

 

ERRATUM : Contrairement à ce qui a été diffusé par erreur par courriel dans la lettre de Mai 2013, les dates du 21 et du 28 mai ne font l'objet d'aucun rendez-vous. Nous vous prions de bien vouloir nous excuser pour cette mauvaise information.

 

Jeudi 2 mai à 18h00, dans le cadre des Jeudis de l’écologie[1], en partenariat avec l’Université Montesquieu Bordeaux IV, conférence-débat avec Jean-Marie Harribey, maître de conférence en économie à l’Université Bordeaux IV- Salle de Conférences Manon Cormier, (Bx IV, voir plus loin) « Sur fond de crise sociale et de crise écologique, que sont la richesse et la valeur ? » détails ici

 

Vendredi 17 mai à 20h, film-débat, en partenariat avec l’équipe du Samovar : IN TRANSITION 2.0 animé par Pascal Bourgois. Le Samovar, 18, rue Camille Sauvageau.

 

Mercredi 29 mai à 20h, film-débat à l’Utopia, en appui du Collectif Déchets Girondin, animé par Alain Blanc, membre du Collectif Déchets Girondin et de Gironde en Transition.

 

Mardi 4 juin. En soirée, e tsous réserve : film-débat «  Comment nourrir l’Avenir »… en présence de Jean-James Garreau, biologiste, à l’origine du film, ou conférence-débat autour de l’ouvrage « Hold-up sur le vivant » avec son auteur Pierre Sartor

 

Jeudi 6 juin à 18h00, dans le cadre des Jeudis de l’écologie, en partenariat avec l’Université Montesquieu Bordeaux IV, conférence-débat avec Yves Cochet, ancien anseignant chercheur en mathématiques, co-fondateur des Verts,  ancien ministre de l’environnement, député européen, spécialiste des questions énergétiques. Salle de Conférences Manon Cormier, (Bx IV, voir plus loin) Intitulé de l’intervention à venir.

 

29 juin, Deuxième fête de la Transition en Gironde, dans le cadre du marché paysan de Fourton la Garenne (production de légumes pour des AMAP), en partenariat avec Gironde,…Entre deux mers,… et Libournais en Transition, à partir de 9h30.  Débat autour de la « bourse aux projets alternatifs » (14h), et en soirée forum ouvert sur le thème de la relocalisation de l’agriculture. Précisions à venir ici

 

NB : Le programme tel que présenté va évoluer dans les jours à venir vers plus de précisions, et possiblement quelques enrichissements ou modifications.


LETTRE  DE MAI

 

Après un mois d’avril riche en évènements, ( l’UPE aura organisé pas moins de sept  rencontres ), mai va prendre son temps pour accueillir clarté et chaleur revenues.

 

Le 4 avril, Corinne Lepage, avocate, ex-ministre de l’environnement, fondatrice de CAP 21, a inauguré les Jeudis de l’Écologie avec une conférence sur la transition énergétique. Malgré la nouveauté et de petites erreurs de communication, près de 70 personnes se sont déplacées pour entendre le constat sans complaisance sur la situation actuelle, et la perspective plus optimiste sur la décentralisation énergétique et les réseaux intelligents.

 

Le 5, le débat Consommation et croissance : limites et conséquences sur la planète a clairement indiqué, autour d’une audience attentive et dans une ambiance conviviale, la pertinence de la remise en cause de certaines idées, parmi  les plus enracinées.

 

Le 10, la conférence-débat L’utilité de l’enquête publique d’un plan local d’urbanisme, a fait venir un public averti venu participer à ce débat technique mais ô combien intéressant et aux enjeux très clairement présentés.

 

Le 15, la présentation du scénario négaWatt, dans le cadre du débat national sur la transition énergétique a été l’occasion d’un débat riche, suivi par de nombreuses manifestations d’intérêt. Gageons que cet exposé sera renouvelé dès que possible.

 

Le 16, la journée consacrée à l’agriculture biologique a été un franc succès, grâce à la diversité des horaires, des lieux, et surtout grâce à la qualité des intervenants. Au total, près de cent-soixante personnes auront pu participer aux rencontres de cette belle journée.

 

Au moment où vous recevrez cette lettre, le film de Pierre Rabhi Au nom de la Terre aura été diffusé au cinéma Jean Eustache de Pessac lundi 22 à 20h, et la rencontre du groupe girondin des lecteurs de LaRevueDurable aura eu lieu à la MNE mardi 23 à 19heures. Nous sommes sûrs que vous aurez répondu présents à ces deux rendez-vous !

 

LES JEUDIS DE L’ÉCOLOGIE :

 

C’est ce que proposent chaque 1er jeudi du mois L’Université Montesquieu - Bordeaux IV, et l’Université Populaire de l’Environnement, en période universitaire.

Les Jeudis de l’Écologie (explications et programme ici) sont l’occasion de conférences-débats dans lesquelles est développée la pensée écologique, à partir des acteurs d’aujourd’hui : économistes, philosophes, sociologues, juristes, politistes… en lien avec les grands auteurs : Ellul, Charbonneau, Illich, Gorz, Castoriadis, Partant, Jonas, Morin…

 

Jean-Marie Harribey, en mai, sera suivi au cours des mois prochains par :  

 

–        Yves Cochet, député européen, ancien ministre de l’environnement, ancien chercheur en mathématique, spécialiste des questions énergétiques, le jeudi 6 juin

 

–        Serge Latouche, philosophe, politiste, économiste, professeur émérite à l’université Paris sud (Orsay),  objecteur de croissance, spécialiste des rapports économiques et culturels Nord-Sud et de l’épistémologie des sciences sociales, le jeudi 30 octobre

 

–        Dominique Bourg, philosophe, professeur à la faculté des géosciences et de l’environnement de l’université de Lausanne, spécialiste du développement durable, du principe de précaution, de la démocratie participative…,  le jeudi 7 novembre

 

–        Hughes Stoeckel, ancien conseiller régional en Alsace, professeur de mathématique, auteur de l’ouvrage La faim du monde, le jeudi 5 décembre

 

Bonne lecture et à bientôt

 

François Bouchet, Pascal Bourgois

Co-animateurs de l’Université Populaire de l’Environnement

LES ÉVÉNEMENTS À VENIR EN DÉTAIL (COMPLÉMENTS À VENIR…)

 

Vendredi 17  mai 2013, à 20h, Le Samovar, Bordeaux*.

 

Film-DEBAT

« in transition 2.0 »

Organisé en partenariat avec Le Samovar

 

Intervenant  Pascal Bourgois

Animateur de l’Université Populaire de l’Environnement 

 

Le mouvement des Territoires en Transition est né en 2005 Grande-Bretagne sous l’impulsion d’un professeur en permaculture, Rob Hopkins, sur la base du double constat de notre dépendance au pétrole, et de sa déplétion imminente.

Profondément marqué par le pragmatisme, ce ouvement s’attache à explorer toutes les voies susceptibles de fournir localement des solutions aux désordres globaux. Plus de 2000 territoires de par le monde s’affichent « en transition », y compris dans des pays dits « en voie de développement ».

In Transition 2.0 est le nouveau film de Transition Network, exprimant récits inspirés des initiatives de transition à travers le monde, répondant à des temps incertains avec un optimisme engagé, de la créativité et des solutions.

 

*18, Rue Camille Sauvageau, Bordeaux (entre l’église Sainte-Croix et l’église Saint-Michel)

 

Mercredi 29  mai 2013, à 20h, Cinéma Utopia, Bordeaux*.

 

« DÉCHETS : RECYCLER OU CREVER LA POUBELLE OUVERTE »

 

Film-DEBAT

« POLLUTING PARADISE»

En partenariat avec Le Collectif Déchets Girondin

 

Intervenants : Pierre Dozolme et Alain Blanc, Collectif Déchets Girondin

François Bouchet, Université Populaire de l’Environnement 

 

Comment aller vers une société plus frugale et heureuse avec une poubelle amincie ?

Le problème des déchets n'est toujours pas réglé et si le plan départemental des ordures ménagères de la Gironde (2007) a tenté de le résoudre, la mauvaise volonté des responsa-bles fait s’agrandir encore la décharge géante de Lapouyade. Sa proximité avec celles de Clérac et Bédenac (Charente-Maritime) forme « le triangle infernal des déchets ». Entre Gironde et Turquie, que de similitudes, comme le montre "Polluting Paradise" !

«Duplicité des technocrates menteurs qui s'empêtrent dans le merdier qu'ils ont créé, pré-tendant que des systèmes d'évacuation préservent nappes d’eau et air ambiant. Décharge à la mesure des craintes qu'elle inspirait. Impact sur l'environnement terrifiant : eaux noires, nappe phréatique définitivement contaminée, air irrespirable sur plusieurs km à la ronde. Avec l'énergie du désespoir, Ismet s'obstine à jardiner alors que sa maison est à 50 m de la décharge,...ramassant sans relâche les sacs plastiques dans ses arbres fruitiers… Le film capte une conscience citoyenne en éveil, une résistance qui se construit chez des habitants peu familiers du combat politique. Parmi les figures marquantes, le maire, exemple d'intégrité démocratique mais aussi la regrettée Nezihan, cultivatrice de thé qui a fait de la lutte son objectif de vie. Même si la cause semble désespérée, leur combat et l'énergie qu'ils y mettent font chaud au coeur. »

Au-delà des décharges, que pouvons-nous faire des déchets ? Nous vous invitons à venir en discuter. Le CDG qui a participé à l'élaboration du plan, et va participer à sa révision, animera avec L'UPE cette soirée centrée particulièrement sur la prévention.

 

*5, Place Camille Jullian, Bordeaux ( tram c, arrêt Sainte- Catherine)

AUTRES ÉVÈNEMENTS

 

« Faites des Possibles  » : Journée du 8 juin 2013

Rdv Place Saint Michel- Bordeaux à 15h.

 

- Grand rassemblement de toutes les alternatives en action dans la région.

- Il s’agit de réunir les associations, organisations, collectifs, et tous les citoyen(nes)  qui d’une façon ou d’une autre sont les porteurs de l’Alternative via des solutions à connaître,  partager, diffuser.

 

- Décroissance, droit et liberté civique, sauvegarde de la biosphère, des terres agricoles…

 

- Ce rassemblement est autogéré, à chacun(ne) de prendre en main son action et son mode de participation.

 

 - Un autre monde existe déjà, il s’agit désormais de le montrer et de le défendre.

 

Programme :

 

- Une scène ouverte, puis concert, Guyom Touseul, OPA, et un dj’ (cf Myriam)

- Une zone de gratuité.

- Bar autogéré.

- Chaque participant(e) viendra avec son propre gobelet recyclable ou en verre.

 

LE SITE DE L’UNIVERSITE POPULAIRE DE L’ENVIRONNEMENT…

…accueille désormais une nouvelle page, consacrée aux Jeudis de l’Écologie. Par ailleurs, certains diaporamas seront en ligne dans les jours qui viennent. Vous trouverez le site de l’Université Populaire de l’Environnement à l’adresse suivante : upeaquitaine.org

 

Vous y trouverez les principales données concernant nos actions passées ou à venir, le cas échéant les renseignements sur les ouvrages servant de support et leurs auteurs, ainsi que des liens permettant d’enrichir les différents sujets.

A moyen terme, y seront disponibles les archives complètes des interventions, y com-pris des vidéos dès que possible, et les liens permanents vers nos différents partenaires.

 

Ce site est notre site à tous. N’hésitez pas à laisser vos suggestions pour l’améliorer, dans l’esprit de simplicité qui doit le caractériser : upeaquitaine.org/contact/.  Merci.

Et si vous avez quelque compétence dans le domaine de l’informatique, et un peu de temps à donner, votre aide sera la bienvenue.

 

EVENEMENTS ET INFORMATIONS DIVERSES

 

Nous vous conseillons aussi de vous référer également à Démosphère Gironde, agenda web indépendant. Outil collaboratif, son utilité dépend de notre implication.

 

NOS PARTENAIRES

 

Nous tenons ici à remercier les organismes et institutions qui soutiennent financièrement notre travail

 

      La Communauté Urbaine de Bordeaux  

      Le Conseil Général de la Gironde

      Le Conseil Régional d'Aquitaine                                              

 



 

LETTRE DE JANVIER 2013

Pour lire la lettre, cliquez ici

 

LETTRE DE L'UPE DÉCEMBRE 2012

Pour lire la lettre, cliquez ici

MIS À JOUR LE  17/03/16